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Le coffre-fort de Denens

Percer l’asphalte pour y dissimuler du vin. Déprédation ? Déraison ? Non. Juste une curieuse tradition qui a lieu ce mois d'avril.

Denens.pngJ’avais entendu parler de caisses de Servagnin plongées dans le lac, et connaissais les vins conviviaux des Caves ouvertes, les vins nomades du Train du Vigneron, les vins musicaux des soirées Winify.

J’ignorais une tradition née il y a trente ans à Denens. Lors du remplacement d’une borne hydrante, près de la fontaine de la rue de la Jalousie, on a découvert une galerie creusée dans la molasse, à six mètres de profondeur.

Des gens raisonnables auraient aussitôt prévenu le risque d’effondrement. Des gens instruits auraient conjecturé sur l’utilité de cette cavité (captage d’eau pour alimenter le château?). Seulement voilà, cette communauté compte une grande quantité de farfelus (des Gränicher, des Sauty, des Hugi, tant d’autres), et ces gens-là se sont simplement dit : c’est incroyable, l’humidité et la température de cette galerie en feraient une merveilleuse cave à vin !

Toujours à la recherche d’un bon prétexte pour organiser une fête au village, lesdits farfelus ont profité du 700e anniversaire de la Confédération, en 1991, pour y enterrer… 700 bouteilles.

Dix ans plus tard, prétextant une autre fête du village pour les déterrer, on a constaté que le vin était impeccable : un nouveau patrimoine culturel immatériel venait de naître.

La dernière «Ouverture» a eu lieu en 2017, et lorsque l’on demande aux organisateurs (Gränicher fils, Sauty fils, Hugi fille et quelques autres) pourquoi ils ont choisi ce 20 avril pour la 5ème édition, ils répondent qu’ils voulaient éviter l’année de la Fête de l’Épouvantail (2025), se faufiler entre les froids de l’hiver et les travaux de la vigne, et puis surtout, qu’ils commençaient à avoir sacrément soif.

Alors voilà, demain, on redécoupera le bitume du trottoir, on creusera la terre à la pelle mécanique, on soulèvera une plaque métallique pour accéder à la galerie. On y installera des lumières et chacun pourra y descendre, de préférence avec des habits de semaine, pour visiter les entrailles du villages et confier à la terre de nouveaux millésimes.

En surface, on ne fera que l’essentiel – une fête au village, avec des concerts, des saucisses et du vin – mais on n’est jamais à l’abri de surprises (il semblerait qu’un Gränicher soit par exemple « tombé » dans la fontaine lors de la dernière édition) ; une chose est sûre, on déterrera une fois encore du vin de garde, c’est-à-dire : du vin qui tient la route.

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